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La France aime-t-elle les touristes ?

Le 13 juin 2013 - administrateur

Le château de Versailles, où se pressent 10 000 visiteurs chaque jour et jusqu’à 24 000 l’été, peut-il accueillir encore plus de touristes ? Les calanques de Marseille peuvent-elles les supporter ? Notre gastronomie est-elle toujours notre meilleur ambassadeur ? Enfin, faut-il s’inquiéter du rachat de vignobles par les Chinois ?

À ces questions, les réponses et les réflexions fusent, quelquefois convenues mais aussi surprenantes, chez les invités de Franz-Olivier Giesbert, dans le numéro diffusé ce lundi sur France 3 de son émission Le Monde d’après sur La France dans la bataille mondiale du tourisme.

Site du Figaro

À la vue du sommaire, on pourrait croire à une redite du magazine des Racines et des ailes, il n’en est rien. Certes, il s’agit de patrimoine. Mais en parler sous un angle socio-économique lui donne un autre relief. L’Hexagone, première destination touristique mondiale, avec 81 millions de visiteurs par an, n’occupe que la troisième place en terme de recettes. « Comment faire mieux ? », interroge Giesbert.

Au château de Versailles, auquel est consacré le premier reportage, les hordes de touristes saturent les images tournées dans la galerie des Glaces, sur son parvis et ses jardins. Apparaît Félix Soussay, agent de surveillance. La caméra le suit quelques minutes avant l’ouverture des portes au public. Félix la fait pénétrer - et les téléspectateurs avec - dans des salles méconnues. « Nous ne sommes pas assez nombreux pour permettre aux touristes d’y entrer », se désole le surveillant. « Un tiers des parties visitables ne sont pas souvent ouvertes par manque d’effectif », confirme-t-on dans la hiérarchie.

Sur le toit de la galerie des Glaces, le directeur du patrimoine, Daniel Sancho, supervise le chantier de restauration. Paradoxe. Depuis 1995, 370 millions d’euros ont été investis pour la réalisation du grand Versailles, apprend-on. Mais, dans le même temps, ce palais de la République, qui a le statut d’établissement public à caractère administratif, est contraint de limiter ses recrutements au nom de l’effort collectif pour réduire la dette publique. Les activités commerciales servent à combler le manque à gagner. Mais au château, l’on se défend d’être des « marchands du temple ».

Le prestige de l’Histoire de France et de sa culture contre la « vulgarité » du tout-commerce et des masses touristiques, voilà qui donne du grain à moudre aux défenseurs d’une certaine exception française, sur le plateau de Franz-Olivier Giesbert.

Le couturier Karl Lagerfeld est invité à prendre le premier la parole. Lunettes noires sous cheveux blancs et peau poudrée, l’unique people (et aussi unique étranger) s’inquiète que la France soit « une activité vivante et pas seulement un truc de curiosité ». Catherine Pégard, présidente du château, Christian Mantei, directeur d’Atout France, Sylvia Pinel, ministre du Tourisme, débattent sur les efforts faits pour rendre la destination France attirante. Mais si ces efforts techniques (comme acheter des billets sur Internet pour attendre moins longtemps à l’entrée) n’étaient pas suffisants ?

La palme des pieds dans le plat revient à Robert Rochefort, économiste, député européen, ancien du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). « Au fond, nous n’aimons pas vraiment les touristes, ces moutons de Panurge décrits par les auteurs du XIXe siècle », assène-t-il devant l’assistance médusée mais un Franz-Olivier Giesbert amusé.
Et Robert Rochefort enfonce le clou, parle de touristes errant dans nos campagnes à la recherche d’un restaurant ouvert, ou seulement qu’on comprenne leur langue. Karl Lagerfeld observe : « Nous sommes à l’ère des masses. La France n’est plus une destination pour le tourisme de luxe. » « Les études prouvent le contraire », objecte Christian Mantei.

« Ah, les études ! », sourit Lagerfeld. « Il faut distinguer l’hospitalité et l’accueil », poursuit le patron d’Atout France. C’est bien là le noeud du problème. ...

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